L’hydrographie contre l’ensablement

Le Bassin d’Arcachon fait partie du même ensemble géographique que les étangs landais de Biscarosse-Cazaux, Parentis, Hourtin et Lacanau. Cependant, à la différence de ces derniers, la lagune ne s’est pas refermée derrière le cordon dunaire côtier car le fleuve qui l’alimente possède un débit suffisant pour lutter contre l’avancée des sables. Ainsi, la lutte quotidienne entre les courants de marées, les eaux douces de la Leyre, et les déplacements de sable ne connaît pas de vainqueur depuis plus de 4 000 ans, mais occasionne des changements radicaux du trait de côte.

Le véritable essor de la lutte contre l’ensablement du Bassin d’Arcachon a débuté avec le développement de l’ostréiculture au début du XXe siècle. En effet, afin de maintenir le potentiel de pousse des parcs, les ostréiculteurs doivent sans cesse débarrasser ceux-ci des coquilles vides et du sable qui s’y accumulent. Malheureusement, ce travail quotidien ne peut suffire à endiguer le phénomène d’exhaussement des fonds. C’est pourquoi la profession s’est dotée de 2 bateaux de nettoyage (bulldozer et bateaux bacs) afin de reconquérir des zones autrefois exploitées, mais qui sont aujourd’hui colonisées par des bancs d’huîtres sauvages.

A plus grande échelle, le Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon mène un vaste plan de restauration de l’hydraulique générale de la lagune sur plusieurs années. Ces travaux visent à dégager les grands chenaux de la partie nord du Bassin d’Arcachon afin de favoriser l’entrée et la sortie de masses d’eau plus importantes sur ces zones, ce qui laisse espérer un transport plus important du sable accumulé sur les hauts fonds du Bassin.

Ces « passes » dangereuses

L’accès du Bassin sur l’Océan se fait par les  « passes », chenaux d’environ trois kilomètres de large permettant la circulation de l’eau. Des bancs de sable mobiles charriés par les courants marins en modifient sans cesse leur tracé. La force des courants de flux et de reflux rendent délicats les franchissements de ces « passes » par les navires, surtout aux marées de grands coefficients.