Crassats, Esteys, Chenaux …

Les Crassats

Crédit photo SIBA – Brigitte RUIZ

Les crassats sont des territoires émergents qui découvrent à chaque marée sur lesquels sont installés les parcs.

Debyser (1957) a divisé la baie d’Arcachon en trois secteurs :

Secteur I

Les passes

Secteur II

La partie moyenne (la plus émergée à marée basse)

Secteur III

Le fond du bassin

Le secteur III est constitué à 80% de crassats (que l’on peut aussi retrouver partiellement dans le secteur II).

Les crassats ont des fonds de nature sablo-vaseuse à vaseuse.

Ainsi Antoune (1959) écrit qu’ils « sont pour la plupart formées de bancs de sables recouverts d’une couche de limon et d’un puissante végétation marine, en particulier de zostères. »

Les chenaux et esteys

Représentants environ 80 km², se sont eux qui constituent à marée basse les surfaces du Bassin non émergées.

Mais il faut distinguer les chenaux des esteys. En effet lors du flot (marée descendante), les chenaux sont les principales voies d’écoulement des eaux alors que les esteys sont « des ruisseaux secondaires, de profondeur moindre, qui courent à la surface des crassats sans les séparer en de grands ensembles comme le font les chenaux » (Claude Labrid, 1969).

Mais ou se situent-ils dans le bassin ?

L’entrée du bassin se divise en deux chenaux : le chenal de Piquey (le long de la côte Nord-Ouest) et le chenal de Teychan (parallèle à la côte Sud).

C’est dans ce dernier que l’on trouve les plus grandes hauteurs d’eau (20,20 mau « Trou de saint-Yves »). Mais selon Antoune (1959), la moyenne des chenaux est de 7-8 mètres.

Comment sont-ils orientés ?

Vers la sortie du bassin, à cause des courants créés par le reflux des eaux, les principaux chenaux sont orientés Est-Ouest.

En ce qui concerne les chenaux secondaires et tous les esteys, leurs orientations sont très différentes.

Certains sont mêmes perpendiculaires (notamment les chenaux secondaires se situant autour de l’Ile aux Oiseaux : chenal de l’île,…).

Les courants

La vitesse des courants est différente selon l’endroit où l’on est dans le bassin.

Et plus on s’éloigne des passes, plus elle est décroissante.

Ainsi à la surface des grands chenaux les courants des marées atteignent 2m/s, empêchant les particules fines de se sédimenter. Ils érodent le fond en provoquant le déplacement des bancs de sable et sable coquillé. Les crassats sont aussi érodés par ces mêmes courants.

Les chenaux secondaires, au contraire, sont beaucoup plus calmes et peuvent même permettre une sédimentation vaseuse à certains endroits.

Dans les zones ou les courants sont très faibles (bordure des embouchures d’esteys, zones ou les courants violents et irréguliers forment des buttes de sable) il y a plus de sédimentation.

La végétation des fonds permet aussi de freiner (voir annuler) les courants de fond à marée haute ou les courants de surface à marée basse.

En conclusion on peut dire que le régime courantologique influence beaucoup l’évolution des fonds.

Etudier les courants et leur force est très importants car c’est grâce à eux que les huîtres peuvent se nourrir.  En fonction de leur force, elles auront accès à plus ou moins de plancton. De plus leur force influe sur la formation des coquilles.

Les ostréiculteurs le savent et s’en servent lors de l’affinage lorsque ils veulent « faire du mollusque » et faire s’épaissir la coquille.