Culture de l’huître Portugaise

L’huître Portugaise, ou huître creuse, a une très bonne prolifération naturelle ce qui a largement contribué à la relance de la production. De 1923 à 1926, la production serait passée de 7 à 14 000 tonnes.

L’huître Portugaise est plus rustique et d’un élevage plus facile que l’huître plate.

Le naissain abonde sur les collecteurs et sur tous les supports susceptibles de capter. Certaines zones en sont saturées à même le sol.

La production en 1931 et 1932 diminue jusqu’aux environs de 8 tonnes. En effet des mortalités répétitives semblent toucher les naissains et on commence à se demander si « l’huître portugaise n’est-elle pas appelée à disparaître comme la plate ? » RANSON (1929)

Selon lui cela serait dû à la présence de substances nocives dans l’eau (installation de l’industrie papetière depuis 1927) et les huîtres d’élevage d’un à trois ans sont trop jeunes pour donner des embryons viables ou un naissain suffisamment résistant. En 1929 sera mis en place un programme de reconstitution des bancs reproducteurs à partir d’huîtres sauvages provenant de gisements naturels extérieurs au Bassin.

En 1929 : la pêche sur les bancs est interdite ainsi que la vente des huîtres de plus de15 cm(considérés comme de très bon géniteurs).

En 1930 et 1931 au Nord-Ouest du bassin sont créé des réserves d’huîtres mère artificielles.

En 1930 et 1938 prés d’un millier de tonnes d’huîtres en provenance de l’estuaire de Gironde sont apporté sur les gisements et les crassats de l’amont du bassin.

En 1940 les huîtrières sont interdites à la pêche.

La période 1940-1959 est marquée par un accroissement régulier de la production qui plafonne entre 14 000 et 16 000 tonnes par an. Cependant cette apparente prospérité cache des phénomènes plus graves comme une baisse des rendements.

LE DANTEC (1963) explique ce phénomène par une augmentation de la mortalité, un ralentissement de la croissance de l’huître et une baisse de qualité de ses produits dont la principale cause serait un défaut de nutrition.

Celui-ci, quand à lui, serait dû à la diminution des échanges océan-bassin (à cause de l’allongement de la passe d’entrée), un déficit des apports d’eau douce et dépôts sédimentaires (servant de support à une flore importante) et enfin une augmentation de la densité des élevages.

Entre 1960 et 1971, la production de naissain est globalement déficitaire. Pour pallier à ces déficits, entre 1960 et 1966 d’importantes quantités de naissains seront captés sur la rive gauche de l’estuaire de Gironde pour être introduites dans le bassin.

Mais la fin de cette décennie sera marquée par deux épizooties successives.

-          La maladie des branchies en 1967. Avec 15 à 30% de pertes, un accroissement des mortalités, une altération de la  croissance et de l’engraissement et une augmentation du nombre d’huîtres qui à 3 ans n’ont pas atteint le poids et la taille requis.

-          L’épizootie générale de 1970 et 1971 qui a été fulgurante et massive et donc beaucoup plus grave que la précédente. Dans les zones océaniques les pertes sont de 80% et plus en amont de « seulement » 40%. Ce phénomène est tellement grave qu’en 1973 l’huître portugaise ne compte pratiquement plus dans la production du bassin.

L’huître Japonaise Crassostrea gigas, introduite pour des expérimentations dés 1969, remplacera alors l’huître portugaise.