La culture de l’huître japonaise

L’huître Japonaise a redynamisé l’ostréiculture arcachonnaise.

En mai 1971, on apporte plus de 52,5 tonnes de géniteurs de Colombie britannique. On importe également des collecteurs garnis de naissains du Japon pour assurer la reprise de la production.

On apporte en plus, en 1972, 60 tonnes de géniteurs et 25 tonnes supplémentaires en 1973.

La C.gigas a de très bonnes performances de croissance ainsi dés 1972, la « fleur » des produits d’élevage peut-être commercialisée à l’âge de 1 an. Ainsi, la production passe de 7 000 tonnes en 1972 à 13 000 tonnes en 1973.

Malheureusement, l’ostréiculture retombera dans une crise très grave 5 ans plus tard au point que certains se demandaient : « l’ostréiculture peut-elle continuer à exister dans le bassin d’Arcachon ? ».

Cette crise, nommé « crise du T.B.T » était due à un composé organique de l’étain : le tributylétain (TBT) dont les propriétés biocides sont connues et utilisées notamment pour les peintures de carénage antisalissure.

Dans le bassin, ce produit a touché la production ostréicole de 2 manières :

  • Des effets sur la calcification de la coquille (structure exagérément feuilletée, épaississement des valves et une altération de la morphologie de l’huître).
  • Des effets sur la reproduction avec des perturbations de l’embryogenèse et du développement larvaire. Ce la a conduit entre 1977 et 1981 à des récoltes de naissain nulles ou très déficitaires.

Ces effets ont eu non seulement des effets sur la production en elle-même mais également sur la réputation des huîtres d’Arcachon notamment à cause du problème de chambrage (feuilletage exagéré de la coquille) des coquilles. A cela s’ajoute des problèmes de mortalité des naissains en 1976, de nombreuses tempêtes, l’infestation massive de l’huître par le copépode parasite Mytilicola orientalis en 1977  ainsi que ses conséquences (mortalités, amaigrissements) et surtout l’état d’endettement des entreprises ostréicoles du bassin.

En 1981, la production s’effondre et beaucoup d’entreprises qui étaient surendettées font faillite. La population des concessionnaires chute de 50% !

Ce n’est qu’en 1986 que les ostréiculteurs réussissent à reconstituer leur cheptel, à réhabiliter leur image de marque et remonter leur niveau de production à 14 000 – 15 000 tonnes par an.

Outre la maladie du TBT, les ostréiculteurs devront faire face à d’autres aléas tels que les mortalités estivales de 1981 et 1982, le sinistre provoqué par le cyclone « Hortense » en 1984.

Entre 1970 et 1985 les surfaces attribuées à l’ostréiculture ont diminué de 40% et 50% des concessionnaires ont abandonnés.

Avec le temps l’ostréiculture arcachonnaise est devenue plus polyvalente (naissain, huîtres d’élevage, huîtres de consommation).